Mon expérience culinaire aux Seychelles

« Hey, les enfants ! Vous ne devinerez jamais l’offre qu’on a reçue pour un échange de maison cet été ! Une famille française nomade désire venir visiter Montréal durant trois semaines et nous propose sa résidence sur l’île de Mahé… aux Seychelles ! » Voilà une chance qui ne se présente qu’une fois dans une vie, et c’est ainsi qu’au mois d’août 2011, nous nous sommes envolés vers cet archipel africain paradisiaque, situé au cœur de l’océan Indien.

Sur place, nous avons principalement découvert les traditions locales grâce à Gina, la gouvernante de nos hôtes, qui avait insisté auprès d’eux pour conserver son poste durant notre présence. À ses côtés, nous avons fait les emplettes culinaires, en plus de préparer et de savourer des spécialités de la cuisine seychelloise. Cette gastronomie créole est d’ailleurs souvent qualifiée de « métissée » puisqu’elle mêle ses héritages africains, anglais, chinois, français et indiens, tout comme la population.

Gina a amorcé notre baptême seychellois avec la visite du marché coloré de Victoria, la capitale du pays. Parmi mes souvenirs du périple les plus distincts se trouve la très puissante odeur de poisson émanant des étals sans glace de produits de la mer. À quelques pas de ceux-ci, des dizaines d’individus et de gouvernantes agitaient leurs roupies en criant leur commande de fruits et de légumes en créole pendant que de grands hérons guettaient avec appétit les abats rejetés par les commerçants.

De retour à la maison, nous entamions la préparation des repas à partir de nos trouvailles du jour ! Quotidiennement, nous retrouvions au menu les incontournables des assiettes du coin : du riz blanc sans condiment, des « fruits à pain » et du poisson à la tonne ! Le barracuda, l’espadon, le marlin, le bourgeois, le job, le cordonnier, la carangue et même le requin figurent parmi les espèces les plus appréciées des pêcheurs et des chefs. Si la majorité de ces animaux aquatiques sont simplement grillés au feu de bois et garnis d’un filet de jus de lime, d’autres sont longuement mijotés dans une sauce épicée soit au lait de coco (cari coco) ou aux tomates (rougail). Divers fruits de mer comme le poulpe (zourite), les crevettes, les palourdes et les berniques sont aussi apprêtés dans des currys, des soupes et des daubes.

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En guise d’accompagnements, des lentilles et des légumes tels que l’aubergine (bringelle), la chayote (chouchou), les « brèdes » (feuilles comestibles cuisinées avant d’être consommées pour inhiber leurs toxines), le cœur de palmier, la tomate, le potiron (giraumon), la patate douce et le manioc sont servis en salades, en purée ou en beignets. Une fois de plus, les épices comme la cannelle, la cardamome, la noix de muscade et le gingembre remplacent plus souvent qu’autrement le sel pour parfumer les plats.

À deux reprises, nous avons également eu la chance de découvrir les saveurs de Mahé au marché du crépuscule de Bazar Labrine : un rassemblement festif d’artisans ayant lieu tous les mercredis soirs sur la plage de Beau Vallon. Dès le coucher du soleil, les marchands ambulants commencent à installer leurs présentoirs et à confectionner leurs produits, une bière Seybrew à la main, tandis que des musiciens et des danseurs font honneur à la moutia, la musique traditionnelle seychelloise. Des grillades de viande et des chutneys sont ainsi vendus dans de petites boîtes pour emporter. Notre dégustation la plus marquante ? Un curry de roussette, une chauve-souris frugivore à la chair tendre et sucrée !

Ce n’est que vers la fin de notre séjour, en visite sur l’île de La Digue, que nous avons davantage eu l’occasion de goûter aux fruits de la région, lesquels sont généralement servis au déjeuner avec un thé à la vanille ou encore comme dessert jumelés avec une infusion de citronnelle. Mangues, papayes, fruits de la passion, goyave, ananas, cœurs de bœuf, jamalacs, corossols et bananes peuvent être servis frais, râpés en satinis, bouillis, frits, en purée, en jus, en sorbet ou en marmelade.

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Voilà que ces trois semaines auront su nous inculquer l’abc du bien manzé kreol !

Chronique d’Ariane Lafortune

Références :
Favre, S., Guillot, S. et Lemerle, M. (2009). Seychelles. Paris : Michelin.
Le guide du routard. (2016). Cuisine et boissons Seychelles [en ligne]. Repéré à http://www.routard.com/guide/seychelles/2084/cuisine_et_boissons.htm
Seychelles. (2016). La cuisine aux Seychelles [en ligne]. Repéré à http://www.seychelles.fr/cuisine.php
Seychelles. (2016). Bazar Larbrine [en ligne]. Repéré à http://www.seychelles.fr/bazar-labrine.php
Crédit photo :
(1) http://www.indian-ocean.com/seychelles-fish-curry-recipe-with-coconut-milk/
(2)https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/originals/70/b6/b9/ 70b6b914fa498d8e911006257cc1c62e.jpg

2 réflexions sur “Mon expérience culinaire aux Seychelles

  1. circuit Seychelles famille dit :

    Bonjour.
    Merci infiniment d’avoir partager votre expérience avec nous. En lisant cet article, j’imaginais les saveurs et les goûts magnifiques de la cuisine des Seychelles. Je vous félicite, et prochainement, je partagerais avec vous ma découverte des Seychelles.
    Merci et bonne continuation.

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    • journallefeuillete dit :

      Merci à vous pour votre passage sur notre page ! La cuisine seychelloise est effectivement des plus riches en saveurs et en couleurs: nous sommes impatientes de lire votre témoignage à notre tour !
      Merci beaucoup et bonne journée à vous 🙂

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