Le cholestérol : pourquoi tant de haine ?

Les maladies cardiovasculaires (MCV), et principalement l’athérosclérose (le blocage des artères), constituent une des principales causes de décès en Amérique de Nord. Quel est le rôle du cholestérol dans cette problématique? Il provoque bien des inquiétudes, et fait aujourd’hui l’objet de controverses. Il est temps d’exposer les vérités sur cette molécule noble.

cholllTout d’abord, le cholestérol fût découvert vers les années 1800 dans les calculs biliaires par le chimiste français François Poulletier de La Salle1. Par la suite, des études se succédèrent, dont celle du nutritionniste américain Ancel Keys qui, après la Seconde Guerre mondiale, fit l’étude épidémiologique de 7 pays afin de mettre en évidence la corrélation entre le taux de cholestérol sanguin et les accidents cardiovasculaires. Ces résultats lui font émettre l’hypothèse suivante: le cholestérol est un facteur de risque majeur de la forte mortalité cardiovasculaire1,2. Depuis qu’il est associé aux maladies cardiovasculaires, le cholestérol a mauvaise réputation. Pourtant, c’est une molécule essentielle à la vie qui n’a pas pour principal rôle de boucher nos artères!

En effet, d’un point de vue biochimique, le cholestérol est une molécule complexe qui entre dans la constitution des membranes cellulaires de notre organisme. Il remplit plusieurs autres fonctions importantes, tels que l’ancrage des récepteurs, le transport et le stockage d’acides gras lorsqu’estérifiés, tout en étant le précurseur des molécules biologiquement actives3. Présent dans la plupart des tissus, il est le précurseur des hormones stéroïdes (sexuelles et surrénaliennes), de la vitamine D et des acides biliaires nécessaires à la digestion des graisses alimentaires3.

Ce stérol est en partie synthétisé par le foie (75%) et il est présent dans les aliments d’origine animale exclusivement (25%)1. Le cholestérol alimentaire emprunte un circuit assez complexe. En bref, celui-ci est absorbé au niveau intestinal et véhiculé à À l'intérieur d'un vaisseau sanguinl’intérieur de molécules nommées « chylomicrons » jusqu’au foie, qui gère son utilisation dans l’organisme. De là, le cholestérol parvenu ou fabriqué dans le foie est remis en circulation via d’autres molécules, les lipoprotéines à faible densité (VLDL), qui deviennent ensuite des LDL, à mesure qu’elles voyagent dans le corps. Appelés « mauvais cholestérol », les LDL sont en fait des transporteurs conduisant le cholestérol vers les tissus et organes qui ont besoin d’énergie. D’autres lipoprotéines de haute densité, les HDL,  reconnus comme « bon cholestérol », sont des transporteurs qui ramènent le cholestérol des tissus vers le foie afin de le récupérer et de l’éliminer1.

Quelle est donc la relation existant entre l’athérosclérose, la concentration de cholestérol sanguin et l’alimentation? L’athérosclérose commencerait par une lésion de la paroi interne des artères et veines (intima) favorisée par la forte pression sanguine exercée à des endroits précis du réseau vasculaire3. Ceci permet aux LDL de s’y infiltrer afin de cicatriser les lésions4. Les nouvelles cellules fabriquées via l’artère emprisonnent le cholestérol, formant ainsi une plaque athéromateuse gênant la circulation sanguine, ce qui augmente le risque de formation d’un caillot sanguin3.

En somme, il n’est pas nécessaire de redouter le cholestérol si l’on ne souffre pas d’hypercholestérolémie, souvent liée à un facteur génétique3. Même si le cholestérol provenant de la diète a normalement peu d’influence sur le taux de cholestérol sanguin, il faut éviter de consommer régulièrement des aliments contenant beaucoup d’acides pillzllzz.jpggras saturés et des acides gras insaturés trans, qui ont tendance à faire augmenter le niveau de cholestérol sanguin3. Faire de l’exercice est essentiel, tout en gardant à l’esprit que les statines, des médicaments servant à stopper la production de cholestérol dans l’organisme, ne sont pas la solution miracle. Les statines réduisent le cholestérol, mais elles ne désobstruent pas les artères et ne réduisent guère les infarctus et les AVC, et elles peuvent entraîner des complications4. Elles ne devraient être prescrites (au bénéfice du doute) qu’aux sujets à très haut risque cardiaque et ayant de préférence entre 30 et 50 ans, avant que l’athérome artériel ne soit développé4. Mais, cela est un autre débat…

Article de Médina Hicheur

Références :

  1. Jean-Michel Lecerf (2017), Le cholestérol décrypté, p.4-12, 20-28
  2. Stefan Hofvendahl (1971),Coronary Heart Disease in Seven Countries,  190, no 1-6,‎ p. 464-464
  3. Marc Bélanger (2015), La nutrition, p. 206-209
  4. Philippe Even (2013), La vérité sur le cholestérol, p.12-23, 97-100

 

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