Les déserts, les marais et les mirages alimentaires

Avez-vous déjà entendu parler des déserts, des marais ou encore des mirages alimentaires ? Malgré que ces concepts soient rarement le sujet principal d’une conversation, ils sont pourtant plus communs que vous ne pourriez le croire. Commençons par définir les concepts distincts, qui se recoupent par ailleurs sur plusieurs points.

deėsert.alimentaire.2Tout d’abord, un désert alimentaire est une « aire de notre territoire habitable qui est située à plus de 1,6 kilomètre d’un approvisionnement en aliments frais ». Cet approvisionnement englobe notamment les dépanneurs, les épiceries, les supermarchés et les restaurants-minute. Il s’agit d’un endroit qui est peu accessible par moyen de transport collectif, et où vivent au moins 20% de familles à bas revenu (1). Le désert alimentaire affecte donc particulièrement les familles plus défavorisées, étant donné que ces dernières n’ont pas toujours accès à un véhicule pour se déplacer. Il est aussi important de mentionner que pour certaines familles moins bien nanties, un dépanneur peut être le point le plus accessible pour se procurer de la nourriture. Or, il est connu que les dépanneurs offrent souvent une moindre variété de produits frais que les épiceries ou les supermarchés, ce qui ne favorise une alimentation saine chez ces familles. Il est fréquent de retrouver des déserts alimentaires en milieu urbain, mais il n’est pas impossible d’en retrouver en milieu rural également. À Montréal, près de 17% de la population habite dans un désert alimentaire. Au Québec, environ 46% de la population habite dans un secteur ayant un faible accès à un commerce alimentaire, et 6% dans un véritable désert alimentaire (2).

Un mirage alimentaire, quant à lui, correspond aux limites financières qui empêchent certains individus de se procurer des aliments sains, malgré qu’ils soient disponibles et accessibles. Les impacts d’un mirage et d’un désert alimentaires sont similaires, dans le sens où les résidents des deux endroits doivent parcourir une certaine distance pour se procurer des aliments qu’ils peuvent se permettre.

Food swampCrédit photo: McNew, D. (2008). L.A. City Council Proposes Ban On Fast-Food Chains [Image en ligne]. Repéré à http://www.gettyimages.ca/event/city-council-proposes-ban-on-fast-food-chains-82048256#

Finalement, un marais alimentaire est un « secteur géographique où les détaillants en alimentation sont raisonnablement accessibles, mais où la population est aussi surexposée à des boissons et à des aliments mauvais pour la santé » (3). Le marais alimentaire n’est donc pas exempt de produits frais, contrairement au désert alimentaire, mais il incite indirectement le consommateur à se diriger vers les produits transformés qui y occupent une place magistrale. Cet accès facile aux produits plus riches en gras, en sel et en sucre et plus faibles en nutriments peut grandement influencer les habitudes alimentaires des individus. En effet, malgré l’accessibilité des aliments plus sains, la possibilité de se procurer une alternative qui a bon goût et qui est riche en énergie (i.e en calories) risque de l’emporter. Il est alors facile de laisser ce choix ponctuel devenir une habitude et de consommer ces aliments transformés sur une base quotidienne. De plus, certains produits attrayants physiquement (grâce à un processus méthodique de commercialisation et des techniques de marketing particulières) sont offerts à des prix plus bas que les aliments sains, ce qui oriente le choix d’une personne ayant un budget restreint.

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L’avenir est-il prometteur en termes d’accessibilité alimentaire ? Seul le temps nous le dira. Toutefois, plusieurs projets existent pour tenter de combattre ces phénomènes qui mettent tant de gens dans une précarité alimentaire. En effet, il existe des « dépanneurs fraîcheur » qui fournissent des aliments frais aux montréalais vivant dans un désert alimentaire, des marchés mobiles de fruits et légumes (Fruixi), des programmes scolaires qui conscientisent les enfants aux enjeux alimentaires, et de nombreux autres en plein essor. Gardons espoir et surtout, agissons pour surmonter ces enjeux alimentaires.

Article d’Emma Teasdale

 

Références:
(1) Batal, M. (2017). NUT2048 : notes du cours 2 [Présentation PowerPoint]. Repéré dans l’environnement StudiUM
(2) Institut national de santé publique du Québec (2013). Accessibilité géographique aux commerces alimentaires au Québec : analyse de situation et perspectives d’interventions. Repéré à https://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/1728_AccessGeoCommAlimentQc.pdf
(3) Centre de collaboration nationale en santé environnementale (2017). Déserts et marais alimentaires : une introduction. Repéré à http://www.ccnse.ca/sites/default/files/Deserts_et_marais_alimentaires_introduction_oct_2017.pdf
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