FODMAP, la suite

Depuis quelques années, la diète FODMAP[1] offre aux clients aux prises avec le syndrôme du colon irritable (SCI) une option valide pour diminuer les symptômes digestifs. En effet, cette diète, en éliminant les fermentiscibles oligo-disaccharides, monosaccharides et polyols, cause chez près de 75% des patients une diminution des symptômes de douleurs abdominales, constipation et diarrhée, améliorant ainsi leur qualité de vie[2]. Le Feuilleté vous présentait en 2017 un aperçu de la diète Fodmap. Cette année, nous faisons le bilan sur l’état des recherches concernant ce régime et nous vous présentons quelques ressources utiles.

L’Université MONASH, qui a élaboré cette diète, fait toujours de la recherche sur les fermentiscibles oligo-disaccharides, monosaccharides et polyols (FODMAP) et teste continuellement la teneur en FODMAPS de plusieurs aliments. Elle met aussi fréquemment à jour son application mobile, qui est très facile à utiliser. Celle-ci indique, avec un système de feux de circulation, si une portion donnée d’un aliment contient, ou non, des FODMAPS. Un feu vert indique une faible quantité de FODMAPS, un feu jaune une quantité modérée et un feu rouge une teneur élevée. Le client peut donc trouver des aliments ainsi que la quantité qu’il peut consommer selon sa tolérance personnelle à chaque FODMAP. L’application propose aussi des recettes faibles en FODMAP, ce qui est très intéressant.

Bien qu’elle soit efficace, à long terme, cette diète n’est pas sans danger. En limitant le pain et les céréales, des carences en folate, en thiamine et/ou en pyridoxine ne sont pas impossibles. En limitant les produits laitiers, les apports en calcium et en vitamine D pourraient également être insuffisants[3]. Il est donc important de ne pas suivre cette diète d’élimination plus de 6 à 8 semaines. Il faut réintroduire progressivement les aliments contenant des FODMAPS, incluant ceux à teneur élevée en FODMAPS, selon la tolérance individuelle. Ce processus devrait idéalement être fait avec l’aide de la nutritionniste.

Le microbiote est un sujet d’intérêt dans la communauté scientifique et médicale et de plus en plus de recherches s’intéressent à ces microorganismes qui colonisent notre intestin, mais dont on ne connait encore que bien peu. En effet, il est possible que le SCI soit causé par une dysbiose, c’est-à-dire un déséquilibre dans notre flore intestinale. Des études récentes démontrent également que la diète FODMAP modifie la flore intestinale en diminuant potentiellement les bifidobactéries, microorganismes reconnus comme bénéfiques pour l’être humain. Plus de recherches sont donc nécessaires pour savoir si cette modification du microbiote est, en effet, délétère pour l’humain ainsi que pour déterminer ce qui arrive au microbiome lorsque les FODMAPS sont réintroduits[4]. C’est une raison de plus de ne pas suivre la diète FODMAP à long terme, même si les symptômes gastro-intestinaux sont diminués, voire même éradiqués dans certains cas. Encore une fois, il est recommandé de travailler avec une nutritionniste pour découvrir la tolérance individuelle à chaque FODMAP pour pouvoir ensuite bien réintroduire ces derniers dans un plan d’alimentation saine.

Finalement, pour plus d’informations concernant les FODMAPS, en plus de l’application de l’Université MONASH, le site SOS cuisine propose d’excellentes recettes faibles en FODMAPS. Il y a aussi une compagnie canadienne, FODY, qui offre des produits (sauces, condiments, collations, huiles) sans FODMAPS. Ces derniers peuvent être très utiles lors de la période d’élimination et de réintroduction. Il y a aussi plusieurs groupes d’entraide sur les réseaux sociaux, mais attention, ils ne sont pas souvent soutenus par l’avis de nutritionnistes. Ils peuvent tout de même offrir du soutien et des idées de recettes pour les clients qui débutent la diète.

 

Texte de Claudine Brisson

 

RÉFÉRENCES
[1] Fermentiscibles Oligo-Disaccharides, Monosaccharides et Polyols
[2] Extenso. ( 2014) Santé Digestive. L’approche FODMAP pour les symptômes gastro-intestinaux, repéré a http://www.extenso.org/article/l-approche-fodmap-pour-les-symptomes-gastro-intestinaux/
[3] Mahan, K, Raymond, J. ( 2017)Krause’s Food and the nutrition care process ( 14e edition, p 547) St-Louis, Missouri: Elsevivier.
[4]Scarlata K ( 2018) FODMAPs: Overview of the Emerging Science, Today’s Dietitian
Vol. 20, No. 5, P. 14 repéré a: https://www.todaysdietitian.com/newarchives/0518p14.shtml

 

 

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