Les risques derrière les produits, les services et les moyens amaigrissants

Nombreuses sont les raisons de vouloir perdre du poids, que ce soit une question d’image corporelle ou encore de santé. Il peut donc être tentant de se tourner vers les diètes populaires et les fameuses cures « détox » afin d’obtenir les résultats miraculeux qu’elles promettent, et ce en très peu de temps. Mais qu’en est-il de l’impact de toutes ces restrictions que l’on impose à notre corps ?

Ce qui explique la perte de poids

La perte de poids se produit lorsque l’on soumet notre organisme à un déficit énergétique, c’est-à-dire que nos apports énergétiques (ce que l’on mange) sont inférieurs à nos dépenses énergétiques. L’énergie que l’on dépense au cours d’une journée repose essentiellement sur trois éléments importants : le métabolisme de base, l’activité physique et l’énergie nécessaire à la digestion et la transformation des aliments. Le métabolisme de base est l’énergie que l’on dépense au repos afin de respirer, d’assurer la circulation de notre sang, d’entretenir nos tissus, de maintenir notre température corporelle, etc. Bref, tout ce qui est à la base de notre survie! (1)

Ainsi, le déficit énergétique peut être créé en mangeant moins, en bougeant plus, ou encore en combinant les deux. La principale cible des produits, des services et des moyens amaigrissants (PSMA) est bien évidemment la première alternative, c’est-à-dire de réduire nos apports. (6)

Le cercle vicieux derrière les PSMA

Le problème majeur avec les PSMA est qu’ils nécessitent souvent que l’on s’impose des restrictions importantes qui sont extrêmement difficiles à maintenir sur le long terme. Il est en effet peu réaliste de penser que l’on va passer le reste de notre vie à ne consommer qu’une certaine sélection d’aliments, tout en se privant de ceux dont on a envie. De plus, les PSMA s’accompagnent souvent du fait de devoir peser et de mesurer ce que l’on mange. Cependant, une même portion ne peut convenir à un ensemble de personnes, ce qui fait qu’il n’est pas rare de ressentir la faim plus souvent qu’à l’habitude. (3) Éventuellement, toutes ces restrictions mènent vers des pensées de plus en plus obsessives envers les aliments interdits, jusqu’au jour où l’on perd le contrôle et que l’on succombe à nos envies de façon exagérée. En retombant dans nos vieilles habitudes, on reprend alors le poids perdu (et parfois même plus). Le tout devient un cercle vicieux au moment où l’envie de perdre de poids revient, et que l’on recommence le même processus. (5)

Le phénomène du yoyo

Lorsqu’on se prive de manger, le corps s’adapte en tombant en mode « économie d’énergie ». Il procède alors à diminuer ses dépenses énergétiques au repos en abaissant son métabolisme de base. Cependant, lorsqu’on tombe dans la frustration et que l’on revient à nos anciennes habitudes de vie, le métabolisme de base, lui, reste au ralenti. C’est donc pourquoi on reprend rapidement le poids perdu, et parfois même plus, lorsqu’on se met à manger comme avant : on augmente nos apports, mais on dépense moins d’énergie. (2) C’est ce qu’on appelle le « phénomène du yoyo ». Ce dernier se produit donc à chaque fois que l’on recommence le cercle vicieux des PSMA. Ainsi, alors que l’objectif premier était de perdre du poids, on se retrouve la plupart du temps dans la situation inverse.

Autres risques associés à l’usage de PSMA

Non seulement les PSMA ne sont pas une solution efficace à long terme, mais ils comportent également plusieurs autres risques pour la santé. Bien que dans l’immédiat la perte de poids puisse sembler impressionnante, il faut savoir qu’elle résulte principalement d’une déshydratation et d’une perte de muscles, plutôt que d’une perte de gras. Les muscles consomment beaucoup plus d’énergie que le gras au repos, ce qui fait qu’une diminution de la masse musculaire contribue inévitablement à la réduction du métabolisme de base. Les restrictions imposées par les PSMA entraînent également le risque de développer des carences nutritionnelles, d’entretenir une relation négative avec la nourriture, d’avoir une mauvaise estime de soi, et bien plus encore. (4)

Il est important de se rappeler qu’une perte de poids rapide n’est pas recommandée. Il est de loin préférable d’adopter un mode de vie sain, composé d’une alimentation variée et d’activité physique. Bien que cela demande plus de temps et d’efforts qu’avec les PSMA, les résultats que vous obtiendrez seront graduels et beaucoup plus payants sur le long terme!

Article de Joanie Rathé

 

Références
  1. Bélanger, M., LeBlanc, M.-J., Dubost, M. (2015). La nutrition (4e édition). Montréal : Chenelière Éduction.
  2. ÉquiLibre. (s.d.). Comprendre le phénomène du yoyo. Repéré à https://equilibre.ca/approche-et-problematique/le-point-sur-les-dietes/comprendre-le-phenomene-du-yoyo/
  3. ÉquiLibre. (s.d.). Pourquoi les diètes ne fonctionnent pas?. Repéré à https://equilibre.ca/approche-et-problematique/le-point-sur-les-dietes/pourquoi-les-dietes-ne-fonctionnent-pas/
  4. (2015). Diètes populaires : les risques pour la santé des régimes restrictifs. Repéré à http://www.extenso.org/article/dietes-populaires-les-risques-pour-la-sante-des-regimes-restrictifs/
  5. Gravel, K. (2014, 14 novembre). Le cercle vicieux des diètes amaigrissantes [Billet de blogue]. Repéré à http://www.karinegravel.com/blogue/cercle-vicieux-des-dietes-amaigrissantes
  6. Institut National de Santé Publique du Québec. (2008). Bénéfices, risques et encadrement associés à l’utilisation de produits, services et moyens amaigrissants (PSMA). Repéré à https://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/763_rapport_psma.pdf

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